La relecture de la charte des partis politiques : entre consultations et contestations
Depuis les assises nationales de la refondation en 2021 jusqu’à la récente consultation des forces vives de la nation, la relecture de la charte des partis politiques au Mali revienne dans les débats. Entre propositions de dissolution des partis et contestations de la classe politique, ce processus soulève des enjeux cruciaux pour l’avenir démocratique du pays.
Tout a commencé un soir au Centre International de Conférence de Bamako, mais l’histoire remonte bien avant. Le 11 décembre 2021 marque le début de la phase communale des Assises Nationales de la Refondation (ANR). Ce vaste processus a vu des centaines de recommandations gravir les échelons, des cercles aux régions, en passant par la diaspora, pour culminer lors de la phase nationale le 30 décembre 2021.
Parmi les nombreuses propositions de réformes issues de ces consultations, celles touchant au monde politique ont particulièrement retenu l’attention. La réduction du nombre de partis politiques, la diminution des institutions de la République dans la Constitution, et surtout, la relecture de la charte des partis politiques.
Relecture lancée
Le 6 décembre 2024, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, annonce officiellement la relecture de cette charte, invitant les formations politiques à soumettre leurs propositions. Les partis politiques, regroupés au sein du Forum des Partis et Mouvements Politiques (FPMP) et de l’Initiative des Partis Politiques sur la Charte (IPAC), se concertent et proposent au gouvernement.
Par contre, les autorités de la transition lancent des consultations à travers le Mali en cette mi-avril. Objectif : « Ecouter les forces vives de la nation sur la question ». Chose que les partis politiques affirment ne pas comprendre.
Les politiques unies pour leur survie
Le 15 avril, une majorité de la classe politique se réunit à la Maison de la Presse à Bamako pour protester contre cette consultation. « Nous ne pouvons pas comprendre que l’on parle de la charte des partis politiques sans les premiers concernés, c’est-à-dire la classe politique », déplore l’ex ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré, président de l’alliance pour la république APR.
Même incompréhension chez plusieurs autres formations politiques. Notamment, au sein du Congrès national d’initiative démocratique CNID FasoYiriwaton de maître Mountaga Tall, ancien député.
Le début de la fin pour les partis ?
La phase nationale de la consultation des forces vives, qui s’est achevée ce mardi, a pourtant livré des recommandations majeures : la dissolution des partis politiques et l’installation du général d’armée Assimi Goïta comme président de la République pour un mandat de cinq ans renouvelable.
Ce processus, bien que porteur d’espoir pour certains, soulève des interrogations sur l’avenir démocratique du Mali. La classe politique qui se sente écartée d’un débat qui la concerne directement, continue de faire entendre sa voix. Ce qui nous réserve cette relecture de la charte des partis politiques reste à suivre de près.
La rédaction