Les sites des déplacés et la chaleur ne font pas bon ménage

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Au centre Mabilé où les Hommes et animaux domestiques profitent des l'ombre des arbres.

Centre Mabilé, 26 mars 2025

Sous un vent chaud, un soleil qui brille à mille feux domine une centaine de tentes. Seul un sentier étroit sépare ces habitations improvisées en bâches blanches et bleues. Le manque d’espace rend le microclimat encore plus chaud. Presque sans arbres, plusieurs personnes déplacées n’ont d’autres choix que d’essayer de tenir bon sous leurs tentes.

Il était 13 heures à notre arrivée sur le site de Faladié, installé à quelques mètres de l’emblématique tour d’Afrique à Bamako. Hassinatou s’est retrouvé dans ce camp après avoir fui des violences à Niondo, une localité non loin de Diallassagou dans la région de Bandiagara. Elle trimbale des traumatismes au fil des années.

« Depuis que je suis là, chaque saison me fait peur. Je suis traumatisée à l’idée de passer la nuit sous cette tente. Entrez et sentez de vous-même la chaleur », lance la dame. Hassinatou déplore les difficultés climatiques auxquelles elle et toutes les autres personnes déplacées subissent à chaque période de l’année.  « Aujourd’hui, il fait chaud et sur ce site nous ne pouvons-nous coucher que dans nos cases. A la saison pluvieuse, nous sommes envahis par des eaux. Et quand il fait frais, avec le vent glacial, on caille sous ces tentes. Nous ne savons pas quoi faire », conclut-elle.

Des initiatives durables

 « Dans différents camps de déplacés à travers le pays, il faut travailler à rafraîchir au moins certains espaces ». Cet avis est d’Adama Sambou Sissoko, docteur en géographie de l’environnement. L’expert propose comme solution d’urgence, l’installation des pailles qui seront arrosées pour humidifier un peu l’air. Il affirme que lors d’une de ses missions dans la région de Kayes (une des régions les plus chaudes du Mali Ndlr). Il a pu constater cette ingéniosité qu’il surnomme « des tentes améliorées. »

Ensuite, Monsieur Sissoko présente des initiatives afin d’impacter durablement. « Il faut planter des arbres qui ont un développement rapide sur les sites. Ce qui va considérablement améliorer les conditions de vie sur les sites, grâce à un climat moins hostile. » Et ceci, avec l’appui des autorités compétentes et de leurs partenaires.

En effet, les arbres jouent un rôle important dans l’écosystème. Et c’est visible au centre Mabilé.

La paix, l’ultime solution

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Le centre Mabilé est un autre site qui accueille des personnes déplacées dans la capitale malienne. Sur place, la situation est plus ou moins meilleure par rapport au site de Faladié. Dans la cour, ses habitants soufflent sous les quelques grands arbres disponibles. Chose qu’apprécient les personnes déplacées que nous avons rencontrées. Des arbres qui profitent aussi aux animaux domestiques. Notamment les quelques bœufs et moutons élevés par les déplacés.

Tedi Barry est le responsable des femmes déplacées au centre Mabilé. Ce qui l’anime, c’est le retour de la quiétude au centre du pays et au Mali en général. « La situation est compliquée sur tous les sites. Pour toutes ces familles que vous voyez. La canicule bien qu’on ne la supporte point, est le moindre de nos soucis. Je souhaite retourner chez moi, et y vivre en paix. Que la paix revienne au Mali », nous confie Barry, déplacée de Pissa, une localité située à Koro au centre du pays.

 « Nous sommes éleveurs et cultivateurs chez nous. En cette période, j’aurais dû être à l’ombre d’un grand arbre admirant mon jardin d’échalote. Mais ce sont des vieux souvenirs ». A déploré de son côté Issiaka Ganamé un des responsables de la commission des personnes déplacées sur le site.

Enfin, il est judicieux de rappeler que le service de météorologique du Mali annonce des températures maximales au cours de ce mois d’avril, dépassant les 45 degré Celsius dans certains endroits. 

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