« Dissolution des partis politiques, une manière de museler le peuple »

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Une image générée par ChatGPt grace au prompt de la rédaction. 25 avril 2025

 Depuis mi-avril des concertations ont commencé dans les régions du pays sur la réforme de la charte des partis politiques au Mali. Parmi les propositions issues de cette phase régionale, figure la dissolution des partis politiques. D’où l’agitation de la scène politique. Comme un bloc, des politiciens et des hommes de droit lèvent le ton contre ce qu’ils qualifient d’une tentative de « violation de la constitution ».

Il est important de souligner que dès le départ, la classe politique a boycotté ces assises. « On ne peut relire la charte des partis politiques sans la classe politique », soulignent des responsables des grandes formations politiques, telles que le CNID Faso Yiriwaton. Selon les politiques, les autorités de la transition devraient consulter en amont les partis.

Pourtant l’objectif selon les autorités, c’est d’assainir la scène politique en application d’une des recommandations phares des assises nationales de la refondation. Des assises qui ont assemblé des Maliens de toutes les régions et de la diaspora.

Faut-il dissoudre les partis pour assainir la scène politique malienne ?

Hamidou Doumbia, secrétaire général du parti Yelema (le changement Ndrl) a tenté d’y répondre. Dans une longue narrative, l’homme politique estime que non seulement, il est techniquement impossible de dissoudre les partis politiques au Mali, mais que cette tentative s’apparente à un contournement « maladroit et risqué de la loi fondamentale. »

L’article 39 de la Constitution stipule clairement, poursuit Monsieur Doumbia : « Les partis politiques se créent librement et exercent leurs activités dans le respect de la loi. » Pour soutenir ses propos, il ajoute un autre article de la constitution du Mali, le 185 « la forme républicaine de l’État, la laïcité, le nombre de mandats du président de la République et le multipartisme ne peuvent faire l’objet de révision ».

« Le multipartisme est un acquis démocratique arraché au prix du sang »

Cette semaine, les réactions se sont succédé. Et ce ne sont pas que celles de la classe politique. En plus des militants ou responsables de partis, certains hommes de droit se sont prononcés sur ce qui agite : la dissolution des partis politiques.

« Je ne suis pas militant d’un parti, mais je ne crois pas judicieux de dissoudre les partis ni même d’en limiter le nombre », a publié Maitre Cheick Oumar Konaré sur sa page Facebook. Selon lui, le multipartisme est un acquis démocratique arraché au prix du sang en 1991. Il indique ensuite que le multipartisme est consacré par la constitution qui interdit de le remettre en cause, même au moyen d’une révision constitutionnelle.

A en croire l’homme de droit, les partis politiques ne doivent pas être dissous sur la base d’assises ou de « dialogues » animés par des personnalités « non élues, qui ne représentent donc pas le peuple. »

Maître Konaré pense que la dissolution des partis à la veille d’élections générales conduirait à un immense désordre et apparaîtrait comme une manière de museler le peuple.

Des compromis qui profitent à l’Etat ?

A la place de la dissolution ou d’une limitation « arbitraire » des partis, le juriste et l’avocat maître Cheick Oumar Konaré propose : « D’arrêter tout financement public des partis en raison de l’indigence de l’Etat, interdire les alliances électorales contre-nature entre partis de la majorité et de l’opposition. » Pour lui, ces propositions permettront de sauvegarder l’image et la crédibilité des partis.

De son côté, le secrétaire général du parti politique Yelema Hamidou Doumbia présente aussi quelques pistes. Selon lui, il faut conditionner l’existence légale d’un parti à l’obtention d’au moins 20 conseillers municipaux et durcir la création de partis. « Instaurer un récépissé provisoire, validé uniquement si le parti participe à une élection et obtient un élu. Réformer le financement public en exigeant des audits réguliers et un manuel de gestion claire », sont entre autres ses recommandations.  

Cependant, Monsieur Doumbia souligne que « la suppression pure et simple du financement pourrait encourager les financements occultes. » Il conclut en invitant les autorités à organiser les élections.

Il faut tout de même préciser que certains hommes politiques, notamment jeunes, à l’instar de Cheick Oumar Diallo ne sont pas contre l’application de cette recommandation des assices nationales de la refondation.

« Je suis pour la dissolution de tous les partis, et je l’assume pleinement et ça n’a rien d’anticonstitutionnel », a déclaré COD sur sa page Facebook.

Et vous, que pensez-vous de la dissolution ou de la limitation du nombre des partis politiques au Mali ?

Jiadata Maïga

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