Le danger ne fait plus de bruit. Il ne s’annonce pas. Il ne frappe pas à la porte.
Il vibre simplement dans la poche.

Ce n’est plus un jeu. Ce n’est plus un loisir. Ce n’est plus une mode. C’est une hémorragie silencieuse, logée dans la poche, alimentée par un écran lumineux et déguisée en opportunité.

Aujourd’hui, le téléphone mobile est devenu le casino le plus « dangereux au Mali », et certainement ailleurs en Afrique et dans le monde. Un casino sans murs, sans horloge, sans gardien. Un casino qui s’invite à table, s’allonge sur les lits, s’assoit dans les mosquées et églises, circule dans les transports, infiltre les foyers. Il promet la fortune. Il distribue surtout la ruine.

Les applications de jeux de hasard ont trouvé la formule parfaite : « faire croire que le hasard obéit. » Quelques statistiques, des cotes, des bonus et codes promo des influenceurs, un vocabulaire savamment choisi. Tout est fait pour donner l’illusion du contrôle. Et quand la première victoire tombe, même minuscule, le piège est déjà refermé.

On commence avec des miettes. On continue avec le salaire. On finit avec l’argent dédié à la marmite de la famille. Ce n’est pas une rumeur. C’est une réalité quotidienne. Une réalité qui ne fait pas la une des médias, mais qui ronge les familles de l’intérieur. De nos jours, on ne parie pas seulement de l’argent. On parie le repas du soir, ainsi, la paix du foyer.

Le plus cruel, c’est que le jeu ne s’arrête jamais. À toute heure, il y a un match quelque part. Une division inconnue. Un championnat oublié. Un coin du monde où l’on peut encore miser. Le téléphone ne dort pas. L’addiction non plus.

Alors on rejoue. Pas pour gagner, mais pour effacer la honte de la perte. Pour « se refaire ». Pour refuser l’échec. Chaque clic est une promesse. Chaque pari est un mensonge qu’on se raconte à soi-même.

Petit à petit, le jeu change les visages. L’humeur devient instable. La colère surgit après une défaite virtuelle. Le silence s’installe à la maison. Le téléphone devient un objet sacré, intouchable, surveillé comme un coffre-fort vide.

Et personne n’est épargné. Ni les jeunes désœuvrés. Ni les travailleurs précaires. Ni les diplômés sans emploi. Ni même ceux qui ont des responsabilités.

Le jeu traverse les statuts sociaux comme un feu sec. Il promet une sortie rapide de la misère, mais il fabrique surtout des pauvres plus pauvres, des familles plus fragiles, des individus prisonniers d’un cycle sans fin.

À force de perdre, certains franchissent l’irréparable. Mentir. Détourner. Engager de l’argent qui ne leur appartient pas. Se convaincre qu’un dernier pari réparera tout. Jusqu’au moment où la chute devient publique, brutale, irréversible. Car l’addiction aux jeux de hasard ne vole pas seulement l’argent. Elle vole le temps, la dignité, la confiance, parfois la liberté.

Et pendant ce temps, le phénomène continue de se normaliser. On en parle à la légère. On en rit. On partage des captures d’écran de gains exceptionnels, sans jamais montrer les milliers de défaites qui les ont précédés. Le silence devient complice.

Cependant, la vérité est là, nue, inconfortable. « Le téléphone est en train de manger la marmite », lentement, méthodiquement et sans bruit.

Et si rien n’est fait, il ne restera bientôt plus rien à partager. Ni à table, ni dans les foyers, ni dans les consciences.

Cet éditorial a été élaboré grâce aux témoignages anonymes des populations de différentes couches.   Ces « aveux » ont été recueillis par la rédaction dans plusieurs régions du Mali.  Article traité avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle, puis édité, contextualisé et validé par la rédaction.

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